Les chakras reviennent souvent dans les descriptions du reiki, parfois de façon confuse : certains présentent le reiki comme une méthode de « déblocage » des chakras, d’autres estiment que les deux traditions n’ont rien à voir. En réalité, le reiki tel que transmis par Mikao Usui ne repose pas sur la théorie des chakras, mais beaucoup de praticiens l’utilisent aujourd’hui comme grille de lecture complémentaire, dans un esprit de détente et d’accompagnement. Voici comment situer les deux traditions l’une par rapport à l’autre, sans confusion ni surpromesse.
Chakras et reiki : deux traditions distinctes, souvent associées
La notion de chakra vient des traditions yogiques et tantriques d’Inde, où elle désigne des centres énergétiques subtils répartis le long de l’axe du corps, généralement au nombre de sept dans les présentations les plus courantes en Occident. Le reiki, lui, est né au Japon au début du XXe siècle avec Mikao Usui, dans une démarche centrée sur l’imposition des mains et la transmission d’une énergie universelle appelée « ki ». Ces deux systèmes se sont développés séparément, dans des cultures et des époques différentes.
C’est surtout à partir de la diffusion occidentale du reiki, à partir des années 1970-1980, que les deux traditions ont commencé à se mélanger dans certains enseignements. De nombreux praticiens ont trouvé utile de superposer la carte des chakras à leurs séances, pour se repérer plus facilement sur le corps et donner un vocabulaire commun à leurs ressentis. Ce n’est donc pas une fusion historique, mais une association pédagogique qui s’est popularisée avec le temps.
Ce que le reiki traditionnel dit réellement des chakras
Les textes et enseignements attribués à Mikao Usui ne mentionnent pas les chakras : ils parlent de positions des mains, de ressenti, et des cinq idéaux du reiki (gokai) comme fil conducteur de la pratique. Ce sont des courants ultérieurs, notamment certaines lignées occidentales, qui ont introduit les chakras comme repère pédagogique. Cela ne rend pas cette association « fausse », mais il est plus honnête de la présenter comme un enrichissement postérieur plutôt que comme un pilier fondateur du reiki.
Les sept chakras couramment utilisés en séance de reiki
Quand un praticien de reiki évoque les chakras, il se réfère le plus souvent à ces sept centres, du bas vers le haut du corps : le chakra racine (base de la colonne), le chakra sacré (bas-ventre), le chakra du plexus solaire (estomac), le chakra du cœur (poitrine), le chakra de la gorge, le chakra du troisième œil (entre les sourcils) et le chakra couronne (sommet du crâne). Chacun est traditionnellement associé à une couleur, à une thématique symbolique (ancrage, créativité, confiance, relation, expression, intuition, ouverture) et à une zone du corps où les mains peuvent se poser plus longuement pendant une séance.
Cette grille reste une proposition symbolique, pas une cartographie anatomique vérifiée. Elle sert surtout de repère pour structurer une séance et donner un vocabulaire partagé entre le praticien et la personne accompagnée, dans un cadre de détente et de bien-être. Voici, à titre indicatif, les associations les plus couramment enseignées :
- Chakra racine — base de la colonne vertébrale ; thème symbolique de l’ancrage et de la stabilité.
- Chakra sacré — bas-ventre ; associé à la créativité et aux émotions.
- Chakra du plexus solaire — estomac ; relié symboliquement à la confiance en soi.
- Chakra du cœur — poitrine ; thème de la relation aux autres et de la bienveillance.
- Chakra de la gorge — gorge ; associé à l’expression et à la communication.
- Chakra du troisième œil — entre les sourcils ; relié à l’intuition.
- Chakra couronne — sommet du crâne ; thème de l’ouverture et du recul.
Cette liste varie légèrement d’un enseignement à l’autre : certaines lignées de reiki ajoutent des chakras secondaires, d’autres n’en retiennent que quelques-uns. Il n’y a pas de version « officielle » unique, ce qui renforce l’idée que cette grille est un outil pédagogique parmi d’autres, pas une vérité scientifique établie.
Comment un praticien relie chakras et positions des mains
Dans une séance qui intègre cette grille, le praticien pose ses mains successivement sur ou au-dessus de chacune de ces zones, en laissant un temps suffisant à chaque position pour que la personne puisse simplement se poser et respirer. Certains praticiens commencent par la tête et descendent, d’autres partent du chakra racine pour remonter progressivement : il n’existe pas d’ordre unique et universellement reconnu, chaque lignée ayant ses propres habitudes. Cette structure peut aussi guider une auto-séance de reiki, en s’accordant simplement quelques minutes sur chaque zone.
Une lecture symbolique, pas un outil de diagnostic
Il est fréquent d’entendre parler de chakra « bloqué » ou « ouvert ». Dans une approche traditionnelle et raisonnable, ce vocabulaire reste une image, une façon de nommer un ressenti (tension, fatigue, difficulté à s’exprimer) à travers une grille symbolique, pas un constat médical. Aucune étude scientifique n’a démontré l’existence physiologique des chakras au sens où les décrit la tradition yogique, et le reiki, dans son ensemble, s’inscrit dans une démarche de bien-être et d’accompagnement, jamais dans un diagnostic ou un traitement d’une pathologie.
Une séance qui s’appuie sur les chakras reste donc un moment de détente structuré par une tradition symbolique, à prendre pour ce qu’il est : un temps pour soi, une invitation à ralentir et à observer ses sensations, jamais un substitut à un suivi médical ou psychologique.
Une pratique de bien-être, pas un soin médical
Le reiki, avec ou sans référence aux chakras, est une pratique traditionnelle de détente et d’accompagnement. Il ne remplace en aucun cas un avis médical, un traitement en cours ou un suivi psychologique. En cas de douleur, de trouble persistant ou de mal-être, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié ; le reiki peut, au mieux, être vécu en complément, jamais en substitution.
Questions fréquentes
Le reiki soigne-t-il les chakras bloqués ?
Le reiki ne « soigne » rien au sens médical du terme. L’idée de chakra bloqué relève d’une image symbolique héritée des traditions yogiques, utilisée par certains praticiens pour structurer une séance de détente, jamais comme un diagnostic ou un traitement reconnu.
Faut-il connaître les chakras pour pratiquer le reiki ?
Non. Le reiki tel que transmis à l’origine par Mikao Usui ne repose pas sur la théorie des chakras. Cette grille est une association pédagogique popularisée plus tard, utile pour se repérer, mais elle n’est pas un prérequis pour pratiquer ou recevoir une séance.
Combien de chakras utilise-t-on en général en reiki ?
La grille la plus courante en Occident en compte sept, du chakra racine au chakra couronne. C’est une proposition symbolique parmi d’autres, pas une norme unique : certaines lignées de reiki n’y font d’ailleurs pas du tout référence.
Peut-on sentir physiquement ses chakras pendant une séance ?
Certaines personnes rapportent une sensation de chaleur, de picotement ou de détente localisée pendant une séance. Ces ressentis sont subjectifs et varient d’une personne à l’autre ; ils ne constituent pas une preuve scientifique de l’existence des chakras, mais font partie de l’expérience vécue dans une pratique de bien-être.
Pour aller plus loin
Pour comprendre les gestes traditionnels associés au reiki, lisez notre article sur les symboles du reiki et sur les niveaux du reiki, du 1er degré à la maîtrise. Pour pratiquer chez vous en intégrant ces repères, notre guide de l’auto-séance de reiki en 5 minutes propose une méthode pas à pas. Et pour relier cette approche énergétique à une autre tradition d’accompagnement, découvrez notre page Tarot & Reiki.

